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Le 23/11/2022

Nature partout, Nature chez vous : l’arbre têtard

Localement appelé « têtard », « trogne » ou « halo », son nom varie selon les régions ! 

Le terme « têtard » ne définit pas une espèce à part entière mais une taille qui consiste à couper (= étêter)  toutes les branches du sommet de l’arbre. L’étêtage est réalisé, selon les essences, tous les 4 à 15 ans entre la fin octobre et la mi-mars. Une couronne  ou « tête » se forme et donne à l’arbre une allure de têtard, d’où son nom, par analogie à la larve des crapauds et grenouilles .

Cette technique date du Moyen-Âge et permet d’être fourni en bois de chauffe , sans couper entièrement l’arbre. En plus d’être utile pour l’Humain, le « têtard » est un véritable refuge pour la biodiversité. En vieillissant, il se fissure et des cavités se forment. De nombreux animaux y trouvent refuge : arthropodes, petits mammifères , chauves-souris , passereaux et rapaces nocturnes, comme la Chevêche d’Athéna (Athene noctua) qui y établit très souvent son nid . Même certaines plantes peuvent s’y installer ! 

Toutes les essences d’arbres ne supportent pas cette coupe. Dans notre région, le Chêne pédonculé (Quercus robur), le Frêne élevé (Fraxinus excelsior), le Charme commun (Carpinus betulus), l’Aulne glutineux (Alnus glutinosa, notre photo) et l’Érable champêtre (Acer campestre) peuvent être conduits en « têtard », mais c’est le Saule blanc (Salix alba) qui remporte la palme. 

Aujourd’hui, l'entretien d’un arbre têtard est motivé par son intérêt écologique et la conservation des paysages locaux : un bel exemple d’harmonie entre patrimoine naturel et culturel à préserver ! 



 Photo Clément Mériglier / MEL