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La Journée mondiale de la vie sauvage proclamée par les Nations Unies est célébrée le 3 mars de chaque année. Elle permet de mettre à l’honneur la faune et la flore sauvages. L’occasion de vous présenter deux espèces à enjeux présentes sur le territoire de la MEL.
Une espèce à enjeux est une espèce pour laquelle l’étude, la conservation et la gestion sont importantes, car celle-ci joue un rôle central dans le fonctionnement de son écosystème et influence également sa biodiversité. Une espèce à enjeux présente des vulnérabilités particulières et un intérêt certain pour les connaissances scientifiques.
Focus sur 2 espèces à enjeux présent sur le territoire de la MEL
La Pipistrelle commune
La Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus) est la plus petite chauve-souris d'Europe, pesant moins de 10 g pour une envergure d'environ 20 cm. Son pelage, variant du brun roux au noirâtre, contraste avec ses ailes et sa tête de couleur noire. Très adaptable, elle fréquente aussi bien les milieux urbains que les zones humides où elle chasse des insectes au crépuscule. Elle hiberne durant l'hiver dans des lieux abrités tels que des fissures, des greniers ou des arbres. Bien que commune, elle bénéficie d'un statut d'espèce protégée.
La Pipistrelle commune est une espèce à enjeux car, bien que classée en « préoccupation mineure », elle est protégée par la loi et déterminante pour le classement des zones ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique). Son rôle écologique est majeur en tant que régulatrice naturelle d'insectes. Sa protection impose également la préservation de ses habitats (gîtes dans le bâti ou les arbres), souvent menacés par les activités humaines.
La Métropole Européenne de Lille agit pour protéger la Pipistrelle commune en prenant en compte ses lieux de vie, qu’ils soient dans des bâtiments ou dans la nature, grâce à l’Inventaire du Patrimoine Écologique et Naturel (IPEN). Cet inventaire permet d’intégrer ces habitats dans les règles d’aménagement du territoire, notamment via le Plan Local d’Urbanisme (PLU).
En parallèle, la MEL réalise des actions concrètes, comme planter des arbres pour recréer des milieux favorables ou rouvrir des accès à des sites souterrains, afin de restaurer des espaces essentiels à la vie et à la reproduction de l’espèce.
La MEL réalise actuellement un diagnostic pour la mise en place d'une « trame noire », c’est-à-dire une gestion adaptée de l’éclairage public (moins intense et mieux réparti), pour limiter les perturbations nocturnes et permettre aux chauves-souris de se déplacer plus facilement entre leurs différents habitats.
Lérot
Le Lérot (Eliomys quercinus) est un rongeur nocturne reconnaissable à son masque noir entourant les yeux et ses grandes oreilles. Son pelage bicolore, au dos brun-roux et ventre blanc, se termine par une queue touffue au plumeau noir et blanc caractéristique. Omnivore et excellent grimpeur, il niche dans les vergers, les haies ou les combles des habitations. Enfin, ce petit mammifère emblématique hiberne durant six à sept mois, d'octobre à avril.
Le Lérot est une espèce particulièrement menacée, car il est le seul mammifère dans certaines parties de la France à être classé « En danger critique d'extinction » sur la Liste rouge régionale. Ses populations sont désormais très fragmentées, limitées à de petits groupes isolés et vulnérables. La disparition des vergers, l’usage de rodenticides (biocides, produit qui détruit les êtres vivants) et la prédation par les chats mettent sa survie en péril. Il est donc essentiel de mieux comprendre son mode de vie et son habitat pour mettre en place des actions de préservation efficaces et protéger ce patrimoine naturel.
La MEL protège le Lérot en mettant des nichoirs sur les sites connus de reproduction et d'hibernation. Dans le cadre du projet transfrontalier TEC!, la MEL a créé des corridors et des noyaux d'habitats entre Lille, Mouscron et Courtrai, notamment via l'installation de "jardins pour lérots". Elle a réalisé des inventaires le long des infrastructures de transport pour identifier les zones à renaturer. Enfin, elle assure la sensibilisation du public par des brochures bilingues et utilise son Atlas de la biodiversité pour affiner le suivi de l'espèce sur cette espèce.
Comment agir concrètement pour ces deux espèces à enjeux ?
Pipistrelle commune
- L’été, vérifier les combles, les bardages, les toitures et les volets derrière lesquels elles peuvent se cacher
- Rétablir les corridors et les haies
- Intégrer l’impact des projets d’urbanisme, projet éolien et d’agriculture sur la pipistrelle commune
Lérot
- Installer des nichoirs
- Créer des tas de bois/ de branches pour l’hibernation
- Planter des fruitières : prunellier, aubépine …
Les petits gestes du quotidien qui ont un impact
Pipistrelle commune
Aérer les bâtiments sans perturber ses gîtes permet de préserver ses lieux de repos et de reproduction. Installer des refuges adaptés favorise également son accueil et son maintien à proximité de nos habitations.
Lérot
Éviter l’usage d’insecticides dans les jardins permet de préserver les insectes dont il se nourrit. De même, conserver les creux et cavités dans les arbres lui offre des abris essentiels pour se reposer et se reproduire en toute sécurité.
Pour aller plus loin :
Inventaire du Patrimoine Métropolitain. (2017). [Report].
Dochy, O., Province de Flandre occidentale, Tous Eco-Citoyens!, Iedereen Eco-burger!, Inagro, Société flamande terrienne (VLM), GON, Interreg V, Fonds européen de Développement régional, waarnemingen.be, observations.be, observation.org, SIRF.EU, OFFH, Norro, P., & Provinciebestuur West-Vlaanderen. (2017). Plan d’actions transfrontalier – projet TEC!
@Photos Claire Poitout et Magali Roche