faune

Le 05/08/2026

FOCUS ÉCOGARDES - L’Hirondelle de rivage (Riparia riparia)

L’Hirondelle de rivage, une espèce discrète et fascinante. Les écogardes vous invitent à découvrir cet oiseau migrateur, à apprendre à le reconnaître et à mieux comprendre son mode de vie.

Lors de vos pérégrinations sur les Espaces Naturels de la MEL ou le long des canaux de la métropole, vous avez peut-être aperçu de petits oiseaux virevoltant près de vous. Parmi eux peut se cacher l’Hirondelle de rivage, une espèce discrète et fascinante. Les écogardes vous invitent à découvrir cet oiseau migrateur, à apprendre à le reconnaître et à mieux comprendre son mode de vie.

Une petite hirondelle au plumage couleur sable

L’Hirondelle de rivage fait partie de la famille des Hirundinidés. C’est la plus petite des espèces d’hirondelles présentes en Europe. Elle mesure 12 cm pour une envergure de 25 cm.
Elle est reconnaissable à sa couleur sable-brunâtre sur le dos, sur le revers des ailes et la queue.  Elle possède un collier brun sur la poitrine qui souligne la couleur blanche du ventre et de la gorge.
Son bec est fin et noir, son iris brun sombre. Sa queue est courte.

L’Hirondelle de rivage effectue sa mue en deux temps : 

  • la mue postnuptiale avant la migration en juin,

  • puis après une suspension pendant la migration, la mue reprend en octobre à l’arrivée sur les sites d’hivernage (Afrique sahélienne) et se poursuit jusqu’en février. 

Une voyageuse au long cours
C’est une espèce migratrice : elle arrive chez nous fin mars-début avril et repart entre août et octobre vers l’Afrique Sahélienne où elle passera l’hiver.

Les berges, son habitat de prédilection

L’Hirondelle de rivage fréquente les cours d’eau, les étangs, les lacs et les marais bordés de berges abruptes, où elle va nicher. Sur la MEL, il est facile de l’observer sur les Marais de Fretin, au Lac du Héron à Villeneuve d’Ascq, au Prés du Hem à Armentières, sur le bord de la Lys, à Santes le long de la Deûle, sur le Canal de Roubaix près de PCUK… L’hirondelle de rivage est considérée comme une espèce pionnière des berges nues et escarpées des cours d’eau. Elle va creuser un terrier d’environ 1 mètre de long dans un sol meuble. Elle évite les zones boisées et densément bâties.

Elle s’installe également dans des sites artificiels, comme dans des carrières où elle retrouve des matériaux meubles. 

Une vie en colonie

C’est un oiseau grégaire c’est-à-dire qui s’établie en colonies en période de reproduction. 
La reproduction a lieu entre avril et août, avec 1 à 2 nichées par an de 4 à 5 œufs. L’incubation dure 13 à 15 jours et les petits restent 20 jours au nid. En général, en période de reproduction, l’Hirondelle de rivage s’éloigne peu de sa colonie et chasse à quelques dizaines ou centaines de mètres de son lieu de reproduction, près du cours d’eau ou du plan d’eau le plus proche, voire les champs voisins. Elle effectuera des kilomètres si son site de nidification n’est pas proche de l’eau.

Une espèce fragilisée par la disparition des insectes

Comme pour les autres espèces d’Hirondelles et autres oiseaux insectivores, l’Hirondelle de rivage souffre de l‘utilisation de pesticides. En effet, elle se nourrit exclusivement d’insectes capturés en vol. Plusieurs études scientifiques du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et Muséum National d’Histoire Naturel (MNHN), ont montré une énorme diminution du nombre d’espèces d’insectes ces dernières années.
Très sociable, l’Hirondelle de rivage mène une vie collective et peut se joindre aux autres espèces d’hirondelles comme l’Hirondelle de fenêtres ou encore plus avec l’Hirondelle rustique.

Une espèce protégée

L’Hirondelle de rivage comme les autres Hirondelles sont protégées selon la loi de la protection de la nature du 10 juillet 1976. Il est interdit de la chasser, capturer, de détruire son nid ou son habitat. 

Comment la MEL favorise l’installation de l’Hirondelle de rivage ? 

Berges abruptes et meubles, sans végétation et près des cours d’eau sont les critères de zone de nidifications des Hirondelles de rivage. Pour aider à la nidification dans des zones moins propices, la MEL a aménagé en décembre 2024 une falaise à Hirondelles de 10 mètres sur le Lac du Héron à Villeneuve d’Ascq et une en janvier 2025, de 20 mètres sur PCUK à Wattrelos.  En effet, considérée en « crise du logement », l’espèce investit facilement « les falaises artificielles » créée par l’Homme. Il est primordial que les matériaux soient sains et présentent une granulométrie fine ainsi qu’une composition minérale leur assurant une résistance à l’effondrement et dépourvu de végétation.

Vous voulez aider les Hirondelles ?

  • Mettez des bacs de boues afin que l’Hirondelle rustique et l’Hirondelle de fenêtres viennent en chercher pour faire leur nid. La boue doit toujours être humide. 

  • Limitez un maximum les insecticides, 

« La nature fait les choses sans se presser, et pourtant tout est accompli » LAO TSEU

Tableau comparatif des hirondelles

Photos : Magali ROCHE et Robin DEROZIER / MEL

Illustrations : Claire POITOUT / MEL