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Le 12/10/2026

Focus ECOGARDES – Le lérot (Eliomys quercinus)

Les écogardes vous emmènent à la découverte du lérot et vous racontent les particularités de cette espèce, suivie depuis près de 15 ans sur les Espaces Naturels de la MEL.

Avec sa petite bouille attendrissante, le lérot est l’un des petits mammifères les plus reconnaissables de nos espaces naturels. Pourtant, il est loin d’être facile à observer : ce petit rongeur est essentiellement nocturne et passe une grande partie de l’année… à dormir !

Mais qui est-il vraiment ? Où vit-il ? De quoi se nourrit-il ? Et pourquoi sa présence devient-elle de plus en plus rare ?

Le masque de Zorro version animale

Le lérot appartient à la famille des Gliridés, espèce emblématique des vieux parcs et biotopes artificiels. 

Son corps bicolore, ses grandes oreilles, son masque noir autour des yeux et sa queue en panache noire et blanche le rendent facilement reconnaissable.

Avec ses 14 centimètres de long auxquels s’ajoutent une queue de 10 centimètres, il est plus petit qu’un rat, mais plus grand qu’une souris. 

Mais si le lérot est facile à identifier, il est difficile à observer en raison de ses mœurs nocturnes. 

Sa présence est souvent constatée par l’observation d’indices comme des traces de grignotage sur les fruits en partis consommés, des crottes regroupées en latrines, des bruits caractéristiques ou la découverte d’individus morts. 

Le p’tit coin idéal du Lérot

À l’origine, le lérot est une espèce des régions rocheuses, mais au fil des siècles, il s’est adapté aux constructions humaines.  

Il vit dans les lisières boisées, les vieux vergers, les paysages bocagers, dans les grands jardins avec ronciers, arbrisseaux, tas de bois, tas de pierres, des vieux murs. On peut également le retrouver dans les remises ou les greniers. 

Il est aussi à l’aise au sol qu’à la cime des arbres. C’est un excellent grimpeur !

Il lui faut des zones où il trouve des abris divers et de la nourriture.

Un régime alimentaire varié 

Le lérot est le seul rongeur à être omnivore. Il apprécie les aliments d’origines animales : escargots, limaces, criquets, sauterelles, grenouilles… Il peut même s’attaquer à de petites proies, comme de jeunes oiseaux ou d’autres petits rongeurs. Il complète son régime avec des aliments d’origines végétales : des fruits, des graines, des bourgeons…

Une vie au rythme des saisons

Selon les conditions météorologiques, le lérot hiberne généralement d’octobre à avril et peut ainsi rester près de sept mois sans activité. Il redevient actif dès 15 °. Contrairement à d’autres petits mammifères, il ne constitue pas de réserves de nourriture pour passer l’hiver

Autre exception par rapport aux autres rongeurs : le lérot ne fait qu’une portée par an avec 4 à 6 jeunes. La naissance des petits à lieu en juin. Dans la nature, il peut vivre jusqu’à environ 6 ans.

Le lérot peut construire un nid ou utiliser un creux, un nichoir ou l’intérieur d’un bâtiment. Il peut vivre seul ou en groupe. 

Une étonnante technique de défense    

Particularité du lérot, très rare chez les mammifères : il est capable d’autotomie, c’est-à-dire de perdre une partie de son corps volontairement. Comme certains lézards, le lérot peut abandonner une partie de sa queue pour échapper à un prédateur. Mais contrairement à celle du lézard, sa queue ne repousse pas ! 

Une espèce en déclin 

Le lérot compte plusieurs prédateurs naturels, parmi lesquels la Chouette hulotte, la martre et le renard. Les chats peuvent également représenter une menace importante pour ce petit mammifère nocturne.

Mais les principales difficultés auxquelles il est confronté sont liées à la transformation de son habitat. La disparition et la fragmentation des milieux naturels, la régression des haies et du bocage ainsi que l’utilisation de pesticides réduisent les espaces où il peut trouver refuge et se nourrir. Et, lorsque plusieurs causes se cumulent, elles fragilisent encore davantage les populations de lérots.

En France, le lérot est considéré comme espèce patrimoniale. À l'échelle mondiale et européenne, le lérot a disparu d'une grande partie de son territoire d'origine. Il est classé comme « Quasi menacé » (NT) ou « Vulnérable » (VU) selon les listes rouges de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, principale organisation mondiale consacrée à la protection de la nature et de la biodiversité)

Près de 15 ans de suivi par les écogardes de la MEL

Depuis 2012, les écogardes suivent le lérot sur les Espaces Naturels de la MEL. Dans le cadre du programme BIPS (Biodiversité Périurbaine / Biodiversiteit in de Stadsrand), des nichoirs spécialement conçus pour l'espèce ont été installés sur plusieurs sites. Trois fois par an, les écogardes les inspectent l'ensemble afin de rechercher des indices de présence et de mieux comprendre l'évolution des populations.

Le programme BIPS a permis un véritable travail de coopération transfrontalière entre la France (notamment la Métropole Européenne de Lille MEL), la Wallonie et la Flandre.

Ces suivis permettent d’adapter les connaissances sur cette espèce discrète et d'adapter les actions de gestion pour mieux préserver ses habitats.

Vous voulez aider les lérots ?

Pour favoriser la présence du Lérot, quelques gestes simples peuvent faire la différence : préserver ses habitats, maintenir des abris naturels et limiter l’utilisation de produits chimiques.

Installer des nichoirs : placez des nichoirs adaptés au lérot en lisière de jardin ou de verger.

Préserver la nature : conservez les haies sauvages, les vieux arbres et les tas de bois qui leur servent de refuges.

Diversifier le jardin : plantez des essences locales et des arbres fruitiers pour leur garantir une nourriture naturelle. Le programme « Plantons le décor » propose une sélection de végétaux d'essences locales adaptées aux caractéristiques régionales (sols, climat…)

Vous contribuez aussi à préserver tout un ensemble d’espèces qui partagent ces mêmes milieux.

Vous avez vu un lérot ? Faites-nous signe !

Vous avez aperçu un lérot chez vous ou sur le territoire de la MEL ? Votre observation nous est précieuse. Merci de nous la signaler en envoyant la date, le lieu, et si possible avec une photo (un visuel est toujours un plus !) à l’adresse ecogardes@lillemetropole.fr

Photographies : © Magali ROCHE / MEL

Illustration : © Claire POITOUT / MEL