biodiversité

Le 14/09/2022

Étudier les mouches, les guêpes et les cousins ? À quoi cela peut-il bien servir ?

Le travail minutieux réalisé par les experts naturalistes sur les insectes permet de faire avancer la connaissance en matière de biodiversité.
Araules : femelle de Nephrotoma aculeata
Araules : femelle de Nephrotoma aculeata

Pour mieux protéger la biodiversité et préserver la richesse du monde vivant, il est nécessaire d’avoir une vision complète et précise des écosystèmes.

C’est pourquoi, la Direction Nature, Agriculture et Environnement de la MEL a mis en place et suivi une étude sur ces insectes à la fois communs et méconnus que sont les syrphes (mouches), les symphides (mouches à scie), les pompiles (insectes hyménoptères) et les tipules (cousins).

Une tente malaise a ainsi été installée à MOSAÏC, le jardin des cultures à Houplin-Ancoisne. Cette structure en tissu de type « moustiquaire » a permis de piéger de nombreux insectes. Ce suivi s’est réalisé avec la collaboration technique du Conservatoire d’Espaces Naturels et du Groupe ornithologique et naturaliste (agrément Hauts-de-France).

Clovis Quindroit, expert indépendant et Guillaume Lemoine de la Société Entomologique du Nord de la France ont travaillé sur les tipules, plus communément appelés « cousins ». Ils en ont identifié 35 espèces différentes dont plusieurs peuvent être considérées comme remarquables !

Si les tipules ressemblent à d'énormes moustiques avec leur corps mince, leurs longues ailes et leurs grandes pattes, elles sont totalement inoffensives et ne piquent pas.

Que faire si vous croisez une tipule ? Rien ! Si sa présence vous importune, vous pouvez la déplacer précautionneusement. En effet, la tipule représente un maillon important de la chaîne alimentaire pour les amphibiens, oiseaux, hérissons…et a toute sa place dans les jardins, les prairies, les milieux humides…

Le travail minutieux réalisé par l’ensemble des experts naturalistes permet de faire avancer la connaissance en matière de biodiversité et d’alimenter les plans de gestion mis en place par la MEL pour mieux préserver la faune et la flore de la métropole.

L’analyse des experts :

Dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité interCommunale, piloté par la MEL de 2018 à 2020 et financé par l’Office Français de la Biodiversité, un suivi des insectes a été mis en place sur le site de Mosaïc à Houplin-Ancoisne, avec la collaboration technique du Conservatoire d’Espaces Naturels et du Groupe ornithologique et naturaliste (agrément Hauts-de-France). Une tente Malaise a été posée au cœur du parc afin de capturer les insectes durant toute une saison, d’avril à octobre 2018. Les échantillons collectés ont ensuite été triés et analysés par différents spécialistes afin d’identifier les espèces présentes. À ce jour, les syrphes (mouches), les symphides (mouches à scie), les pompiles (insectes hyménoptères), les tipules (cousins) et familles affiliées, ont été étudiés. Les abeilles le seront prochainement par les chercheurs et étudiants de l’université de Lille.

Les tipules ont été identifiées par Clovis Quindroit, expert indépendant et Guillaume Lemoine de la Société Entomologique du Nord de la France. Une belle diversité a été relevée pour ce groupe, avec pas moins de 35 espèces, ce qui est loin d’être négligeable pour ces Diptères (du grec di, deux, et ptéron, aile). Parmi les espèces identifiées, plusieurs peuvent être considérées comme remarquables.

La capture d'un mâle de Helius pallirostris, le 04/07/2018, fait en effet partie d’une des trois seules données collectées en France, l’espèce étant jusque-là non mentionnée dans notre pays. Il s’agit d’une espèce des marais, qui, en Grande Bretagne, est plutôt côtière, mais peut exceptionnellement être retrouvée dans des zones de marais plus continentaux. En Belgique, elle n’est connue que depuis 2012. Elle est par ailleurs largement distribuée en Europe. 

Par ailleurs, Nephrotoma aculeata, capturée du 27/06 au 20/08/2018 est une espèce très ponctuelle, liée aux milieux marécageux. Elle a été retrouvée en grand nombre sur le site de Mosaïc alors que jusqu'à présent, seuls quelques spécimens n’étaient connus en Hauts-de-France et uniquement sur deux sites (le marais de Sacy dans l’Oise et le Marais de Proville dans le Nord).  

Mentionnons aussi la capture de Nephrotoma analis, les 27/06/2018, 04/07/2018 et 19/07/2018 qui correspond aux premières données pour le département du Nord.

Ainsi, le travail minutieux réalisé par l’ensemble des experts naturalistes permet de faire avancer la connaissance en matière de biodiversité sur des groupes encore peu étudiés.