biodiversité

Le 10/11/2021

Aménagement de blockhaus pour accueillir la biodiversité

La Métropole Européenne de Lille a mené une mise en protection de deux blockhaus, venant renforcer le réseau de sites favorables à l’accueil de la faune sauvage sur les Espaces Naturels Métropolitains

La Métropole Européenne de Lille, dans le cadre de son programme en faveur de la préservation de la biodiversité, a mené en 2021 une mise en protection de deux blockhaus, venant renforcer le réseau de sites favorables à l’accueil de la faune sauvage (cinq sites ont déjà été aménagés en ce sens sur les Espaces Naturels Métropolitains depuis 2003). 

L’aménagement de ces deux blockhaus s’est réalisé avec l’appui technique de la Coordination Mammalogique du Nord de France qui prodigue les conseils experts et fournit le matériel spécifique. Le chantier est réalisé en régie MEL.

Le premier blockhaus, situé à Wattrelos, en bord de canal, a été aménagé fin mai. Le second, situé au cœur du marais de la Canteraine à Haubourdin, dans un ensemble de 14 autres blockhaus, a été aménagé en octobre.

L’objectif de ces aménagements

Les aménagements ont été conçus pour offrir un accueil favorable aux chiroptères, aux lérots, et aux amphibiens. Les chiroptères y trouveront un endroit idéal notamment pour hiberner, mais aussi pour s’y reproduire ou simplement l’utiliser comme gîte de repos. Les amphibiens, quant à eux, y trouveront un abri conçu pour leur hibernation. Le lérot pourra y trouver un nichoir qu’il aménagera à sa guise au printemps, à l’automne, ou pour y hiberner.

Déroulement des travaux

A Wattrelos, l’aménagement a consisté dans un premier temps à évacuer les nombreux déchets accumulés à l’intérieur du blockhaus et à nettoyer les murs de la suie (peu appréciée des chiroptères). Les meurtrières et cheminée ont ensuite été bouchées de façon à garder l’obscurité et la chaleur à l’intérieur du blockhaus ; en effet, les sites d’hibernation pour chauves-souris doivent avoir, durant l’hiver, une température stable idéalement comprise entre 6 et 11°C. Différents gîtes d’hibernation et de reproduction pour les chiroptères et lérots ont été fixés au plafond et aux murs. Un abri à amphibiens a également été installé au sol. Le taux d’humidité étant déjà optimal à l’intérieur du blockhaus, il n’a pas été nécessaire d’y ajouter une bassine d’eau. Une porte blindée a été installée pour empêcher le dérangement humain tout en laissant un accès pour les espèces visées.

A Haubourdin, la découverte d’amiante à l’intérieur du blockhaus a nécessité des travaux de désamiantage par une entreprise spécialisée avec pose d’une couche de géotextile au sol recouverte de 5 cm de copeaux. Les principes d’aménagement ont ensuite été les mêmes que pour le premier blockhaus : obturation des ouvertures avec des parpaings, pose de gîtes d’hibernation et de reproduction au plafond et aux murs, installation d’une porte fermée à clés, maintien d’un accès pour les chauves-souris. Une bassine d’eau sera ajoutée ultérieurement si le manque d’humidité se fait ressentir.

Un suivi nécessaire durant l’hiver

Un suivi sera réalisé chaque hiver afin d’y recenser les locataires, en prenant toutes les précautions pour limiter au maximum le dérangement. Les principales espèces pouvant utiliser ces blockhaus en hiver sont le Murin à moustache, le Murin de Daubenton, l’Oreillard roux, le Crapaud commun, la Grenouille rousse, le Triton alpestre, le Triton ponctué, le Triton crêté, le Lérot... De nombreux insectes, araignées et limaces y trouveront également un abri idéal.